LA CHRONIQUE DE BONNIE : Red Brazil

© Bonnie Lewis

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Ils courent en tous sens, poursuivis par les  uniformes qui crient, vocifèrent. Une jeune femme est attrapée sans ménagement, on l’embarque, elle hurle sa détresse et le photographe a son cliché. Le ménage doit être fait et en grand ! Il faut cacher cette misère, ôter de la vue cette vermine malodorante des favelas.

Pendant ce temps, tous les avions d’Europe et du reste du monde atterrissent. En descendent tous les pousseurs de ballon, souriant aux flashs crépitant, propres sur eux et la conscience aussi clean que leurs analyses d’urine ! On les entoure, on les garde, sans les toucher. Ont-ils conscience de ce qui se passe, ont-ils une conscience?Pensent-ils à ces enfants, ces femmes, ces vieillards jetés en pâture dans les rues les plus éloignées cela va de soi ?

Les buffets garnis de saine nourriture, sélectionnée avec un soin particulier, offre le contraste le plus nauséeux face à ces visages faméliques qui errent loin de là, loin de ces hôtels luxueux, confortables et dans lesquels l’eau abonde autant que les serviteurs. Bien sur le trop plein de cette abondance finira dans les poubelles…..paradoxe de la misère d’un pays qui crève de faim, et qui, de loin regarde se gaver ceux d’ailleurs.

Le ballon est dans les buts et la foule est en liesse, laissant de coté les grèves qu’on a su, à coup de cross faire cesser pour un temps.
Il faudrait surement que la conscience humaine se réveille, mais non, elle crie, s’indigne, mais de l’arbitrage mauvais, de la blessure d’un joueur qui vaut 25 millions de dollars. L’argent n’a pas d’odeur, il rend aveugle et sourd.

“C’est à ce prix qu’on distrait le monde Bonnie”, me disait un journaliste sportif de mes deux qui, en fait de sport, reste assis à regarder ces grands joueurs se démener comme des fous pour gagner une coupe, même pas en or! Et d’ajouter “le sport, surtout le football est une fête, les gens en ont besoin”. J’ignorais que corruption, tabassage d’enfants et de femmes, étaient synonymes de fête ni même de sport.

Loin de moi l’envie de critiquer le sport quel qu’il soit, bien sur, et je comprends la passion qu’il engendre, mais à ce prix là, je dis juste que c’est très cher payé. L’être humain n’a qu’une valeur relative aux yeux des banques, et le bénéfice reviendra aux investisseurs, pas au peuple dont on a rougi le pays.

BPL
@BonnieLOfficial

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