Et si la survie des vignes françaises passait par la biologie ?


Françaises, Français ! Malgré la relative réussite au box office du dernier Klapisch, « Ce qui nous lie », mettant en scène l’histoire d’une fratrie intimement liée à un vignoble Bourguignon, les vignes de notre territoire se montrent de plus en plus vulnérables aux aléas climatiques. À se fier à la couverture médiatique des gelées des vignobles en Avril 2017, et au manque de solutions écologiques et rentables mises en oeuvre par les vignerons, ce problème n’est pas prêt d’être résolu…

D’après le magazine Challenges, « les vendanges de cette année seront les pires depuis près de trente ans en France ». En cause, une baisse de 17% du volume de vin vendangé causée par les gels de printemps. Un tableau bien pessimiste qui n’est guère enjolivé par la poignée de mesures mises en oeuvre pour sauver nos vignobles : du brassage de l’air enveloppant les vignes par hélicoptère, à l’utilisation de chaufferettes asphyxiant les alentours en passant par l’aspersion des vignes d’eau pour prévenir la gelée des bourgeons, montrent une rentabilité bien faible. Les moyens de lutte contre ces aléas climatiques sont moins efficaces que les moyens de prévention, eux moins onéreux mais souvent moins pertinents.

Un enjeu double émerge alors : protéger nos vignobles, et le faire efficacement. C’est précisément l’un des défis que relève actuellement une équipe de jeunes chercheurs français de Sup’Biotech, dans le cadre du concours en innovation biotechnologique international : l’iGEM, organisé par le prestigieux MiT. L’équipe développe un prototype audacieux permettant de protéger certaines cultures (vignes par exemple) contre les effets des températures extrêmes grâce à un produit biologique activé en fonction de la température. En-dessous du point de congélation de l’eau, et au-delà de températures potentiellement nuisibles à la culture concernée, deux composés distincts se forment pour protéger la plante de l’agression du climat. Le projet, nommé « Softer Shock », sera présenté à Boston fin 2017 et est encore en phase de développement. Mais la réussite d’un tel projet porte des enjeux allant bien au-delà de l’intérêt scientifique pur.

Car si le projet vise par-dessus tout à gagner la confiance de potentiels utilisateurs en démontrant l’absence de risque pour l’environnement et l’Homme, l’utilisation d’une telle solution sur nos cultures reste fortement restreinte en France. Les diverses réglementations entourant l’utilisation d’organismes génétiquement modifiés (OGMs) sont complexes, et délier les moeurs actuels pour permettre à une solution écologique et rentable de sauver nos vignes est un défi en lui-même. Si mené à bien toutefois, son impact sera colossal dans la pléthore des activités humaines répondant de la bonne santé du monde végétal, dans un contexte où les enjeux climatiques priment.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.Les champs obligatoires sont marqués *

Vous pouvez utiliser ces HTML balises et attributs: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Recevez toute notre actualité
en vous inscrivant à notre Newsletter
...