Visages Villages : un film touchant et très humaniste

Visages Villages, un film d'Agnes Varda et JR

Visages Villages, un film d’Agnes Varda et JR

Sorti le 28 juin, Visages Villages, réalisé par Agnès Varda et le photographe JR a su se faire remarquer. Présenté au festival de Cannes hors compétition, le film a valu une standing ovation à Agnès Varda. Nous l’avons vu pour vous.

C’est d’abord une histoire de rencontres. Le film commence en expliquant comment le photographe de 33 ans et la cinéaste de « 88 printemps », comme dit dans le film ne se rencontrent pas. Ensuite, les visages souriants défileront devant leurs yeux. À travers les petits villages, Agnès Varda écoutera les anciens mineurs, les serveuses, les facteurs, les ouvriers, les femmes de dockers et les agriculteurs pendant que JR les observera derrière son appareil photo. Puis ils colleront leurs portraits éphémères sur leurs lieux de vie, en hommage et pour ne pas les oublier. Visages Villages parle de rencontres avec des gens à qui on ne donne pas la parole.

L’importance du regard

Le regard a toujours été une thématique chère à JR. Des yeux collés en immense sur les immeubles de Paris, des favelas de Rio ou des citernes d’eau en Somalie, symbolisant l’humain et le monde. Aucune surprise donc dans l’importance du regard dans ce film. JR ausculte les yeux d’Agnès comme pour mieux la connaître et fait référence à la fameuse scène de l’œil dans Le chien Andalou de Dalì.

Pourtant, c’est aussi lui qui refuse de montrer ses yeux, cachés derrière une paire de lunettes noires, « comme Godard » dit Agnès. Le photographe refuse catégoriquement de les enlever. Pour la cinéaste qui voit flou, c’est un drame. Parfois à l’opposé, les deux compagnons réalisent pourtant un film à quatre yeux.

Les œuvres éphémères et le temps qui passe

Pour Agnès Varda, ce film est aussi un moyen de lutter contre l’oubli et la vieillesse. Elle immortalise les rencontres à travers la caméra, son appareil photo, rend hommage au passé des visages croisés et se rappelle de l’ancien temps, de ses anciens amis et de sa vie de cinéaste.

Tout au long du film, JR et Agnès Varda reviennent sur l’âge et la vieillesse. Les souvenirs qui s’effacent, la vue qui baisse, la difficulté de courir partout comme JR, les regrets… Il s’agit d’accepter le temps et la vie qui passent. Pour ça, les affiches temporaires de JR qui s’effacent avec le temps. Parfois en un jour, comme c’est le cas avec l’affiche d’un ami d’Agnès posée sur un bunker qui aura disparu dès le lendemain avec les vagues.

Visages Villages se termine sur le regard d’Agnès Varda, flou pour un film touchant et très humaniste.

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