On a visité la double exposition “Basquiat et Schiele” à la Fondation Louis Vuitton

Head, 1982 / Acrylique et peinture aérosol / Crédit photo : Lisa Connan

Deux artistes emblématiques qui ont marqué le XXème siècle sont à l’honneur à la Fondation Louis Vuitton. Jean-Michel Basquiat et Egon Schiele ont révolutionné leurs époques au cours de leurs courtes vies d’étoiles filantes. Á travers deux parcours distincts, les oeuvres de Basquiat et Schiele sont à découvrir jusqu’au 14 janvier 2019.

Basquiat l’étoile filante de l’art

Malgré une mort prématurée, Jean-Michel Basquiat reste l’un des plus grands artistes du XX siècle. Une figure emblématique qui continue d’inspirer les générations actuelles avec des œuvres et un visage devenus iconiques.
Ce génie fulgurant a laissé derrière lui plus d’un millier de tableaux et 2 000 dessins. La Fondation Louis Vuitton présente dans cette exposition pas moins de 120 de ses œuvres réalisées entre 1980 et 1988.

De la rue aux galeries d’art

Né en 1960 d’un père haïtien et d’une mère portoricaine à New York dans le quartier de Brooklyn, Jean-Michel Basquiat peint dès son plus jeune âge. Sensible à la passion de son fils, la mère du garçon l’emmène régulièrement au MoMA (Museum of Modern Art) et l’encourage à développer son talent.
À l’âge de sept ans, il est percuté par une voiture. En convalescence à l’hôpital il s’intéresse au célèbre livre Henry Gray’s Anatomy of the Human Body, écrit par Henry Gray, qui l’influencera durant sa carrière. Ses toiles sont parsemées de corps découpés, de crânes, de squelettes etc.

Head, 1981 / Acrylique et crayon gras sur toile / Crédit photo : Lisa Connan

Jeune homme de 17 ans, il commence à graffer dans le quartier de Manhattan sous le pseudonyme de Samo pour « Same old shit » (toujours la même merde). Il fait de la rue son propre atelier et défouloir. Jusqu’à ce jour de 1979 où il clame soudainement sur un mur : « Samo is dead ».  En 1981, l’exposition « New York/New Wave », au P.S. 1, le temple de l’art contemporain, le fait connaître au grand public. Ensuite, les choses s’enchaînent.

Deux thèmes sont récurrents chez Basquiat : le racisme et la mort.
Heurté par la violence de l’Amérique raciste et ségrégationniste des années 60, il fait de l’homme noir le héros de ses tableaux. La peinture ci-dessous représente un roi noir orné d’une couronne dorée.

Sans titre, 1982 / Acrylique, crayon gras et peinture aréole sur bois / Crédit photo : Lisa Connan

« Mon œuvre », disait Basquiat, « c’est à peu près 80% de colère ». Par exemple, cette peinture représente un boxeur impressionnant aux poings levés, coiffé d’une couronne à épines noires. Il semble hurler sa colère, malgré cette grille devant sa bouche. La boxe symbolise chez Basquiat le combat contre le racisme et l’oppression.

Boxer, 1982 / Acrylique et crayon gras sur toile / Crédit photo : Lisa Connan

 

Arroz con Pollo, 1981 / Acrylique et crayon gras sur toile / Crédit photo : Lisa Connan

La gloire le consume. Avide de son succès, ce génie atypique vit comme une pop star. L’artiste décède d’une overdose à 27 ans, après une décennie de carrière, le temps de laisser une empreinte indélébile dans le monde de l’art.

Schiele obsédé par le corps humain

La seconde figure de cette exposition, l’autrichien Egon Schiele (1890-1928) a lui aussi marqué à une période différente l’art au XXème siècle. Il y a déjà 100 ans que le dessinateur et peintre s’est fait emporter à l’âge de 28 ans par la grippe espagnole. La Fondation Louis Vuitton, nous offre le beau cadeau de le remettre au devant de la scène.

Nu féminin debout avec tissu bleu 1914 / Gouache, aquarelle et graphite sur papier vélin. 48,3 x 32,2 cm. / Crédit photo : Lisa Connan

Le nu tient une place importante dans l’œuvre de Schiele. Parmi ces 3 000 dessins et 300 peintures, beaucoup témoignent de sa fascination pour le corps humains et ses courbes. Comme on le voit sur l’œuvre ci-dessus, il représente le corps des femmes de façon masculine à travers leurs courbes musculaires. Son obsession pour le nu, s’explique par la syphilis, une infection sexuellement transmissible, qu’a contracté son père. La mort de celui-ci assombri sa jeunesse et le hantera toute sa vie.

L’art nouveau

Nu debout avec un tissu, 1917 / Gouache et crayon gras sur papier chamois / Crédit photo : Lisa Connan


Le dessin a fait partie intégrante de sa vie. Dès son plus jeune âge, le prodige commence à donner du crayon. En 1906, à l’âge de 16 ans, il intègre l’Académie des Beaux-arts de Vienne. Rapidement, il trouve ses marques et s’oppose au conservatisme de ses professeurs. Finissant par quitter l’institution il se converti à l’art nouveau. Ce courant artistique s’est répandu à la fin du XIXème siècle en Europe, sous la houlette de Gustav Klimt en Autriche. Le mouvement se caractérise principalement par l’utilisation de lignes courbes.

Danaé, 1909 / Huile et peinture métallique sur toile / Crédit photo : Lisa Connan

Schiele a rendu l’âme le 31 octobre 1918, trois jours après sa femme Edith alors enceinte de leur premier enfant, tous deux fauchés par la grippe espagnole.
Deux artistes intemporels à retrouver jusqu’au 14 janvier 2019.

INFOS :

Fondation Louis Vuitton
8, Avenue du Mahatma Grandhi Bois de Boulogne – Paris

HORAIRES :
Fermé le Mardi
Lundi-Mercredi-Jeudi : 11 h – 20 h
Vendredi : 11 h – 21 h
Le week-end : 9 h – 21 h

TARIFS (un billet valable pour les deux artistes) :
Tarif plein 16.00€
Tarif famille 32.00€
Tarif réduit (moins de 26 ans, étudiants)10.00€
Tarif réduit (moins de 18 ans, artistes et demandeurs d’emploi) 5.00€

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